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Beaucoup de français se sentent coupables de laisser couler l’eau alors même qu’ils s’attèlent à faire complètement autre chose, comme errer dans l’appartement débordés par leurs pensées. Si 89% des habitants de l’hexagone savent qu’il est essentiel de couper le robinet et qu’un tel déversement de messages éducatifs semble porter ses fruits, il nous reste un bout de chemin à faire avant que nous utilisions cette ressource de façon responsable.

 

Pour inverser le courant et passer des mises en garde de la COP21 à une utilisation des ressources optimisée, nous avons rédigé ce petit article qui vous aidera à y voir plus clair. Plutôt que de vous voir pleurer sur le sort de la planète ; on vous inonde de savoir sur les raisons d’économiser l’eau.

 

1. Nous sommes colocataires d’une planète où l’eau potable y est une denrée rare

En France, nous n’avons pas de problème d’accessibilité à l’eau potable. C’est vrai. Et on connaît suffisamment la répartition du bleu et du marron sur un atlas pour savoir que notre monde ne manque pas de liquide. C’est vrai aussi. Pourtant, le premier problème vient de là : étant très peu à boire notre jus de fruits ou notre café salé, on ne doit pas confondre eau de mer et eau douce. Notre chère planète se compose à 97,4% d’eau de mer et à 2,5% d’eau douce potentiellement potable. Par ailleurs, 70% de cette eau douce compose les calottes polaires et si la fonte de ces glaces signifie plus d’eau pour étancher la soif du consommateur, elle signifie aussi réduire considérablement notre rêve de se prélasser dans les îles puisque selon les études du CNRS, le niveau de la mer monterait à  67m au dessus de celui que nous connaissons actuellement.

En partant du postulat que nous tenons à conserver un minimum de terrain et d’humanité et que nous sommes des matheux brillants, nous pouvons donc estimer que la part d’eau douce consommable représente moins de 1% de l’eau qui nous entoure aujourd’hui. Moins de 1% qui sert dans le monde à l’agriculture, aux foyers, à la production d’électricité et à l’industrie. Pour vous faire une idée de la répartition de l’eau de mer sur l’eau douce, imaginez que sur les 100L que représentent votre douche de 6-7 minutes le 1% représente l’équivalent d’une cuillère à café. Or, selon l’OMS « Un minimum vital de 20 litres d’eau par jour et par personne est préconisé pour répondre aux besoins fondamentaux d’hydratation et d’hygiène personnelle. » Aujourd’hui, pour un célibataire, une vaisselle à la main consomme 10L, une chasse d’eau 5L, une douche courte demande 80L, une lessive : 50L. Vous rajoutez quelques cafés et une bouteille d’Evian, de Volvic ou de Cristalline et vous faites le calcul.

Si en France, la cuillère à café du précieux liquide est à disposition sans trop de peine, ce n’est pas le cas de nombreux pays. 71% de la population a accès à de l’eau potable à domicile. 11% de la population n’y a pas accès, ni à domicile, ni dans les 30 minutes de marche autour de leur habitation. Ces pays sans accès aux ressources se trouvent principalement en Afrique, mais pas seulement. Alors pourquoi ces habitants ne braveraient-ils pas le danger en traversant la mer méditerranée pour quelques litres d’eau qui garantirait leur survie, leur hygiène et leur confort? En 1979, le terme « Hydropolitics » apparaît pour qualifier les risques géopolitiques liés au manque d’accessibilité des sources. Eaux polluées, détournées, gaspillées ; la rareté de cette ressource essentielle pour la survie menace d’embraser des régions entières où les hommes se battent pour obtenir le privilège de cultiver leurs terres ou développer leur production d’énergie et leurs industries. Un fleuve traversant plusieurs pays ou un lac jouxtant différentes frontières sont autant de risques de voir une nation s’octroyer le quasi monopole afin de servir ses ambitions. Ce scénario se retrouve dès 1967 quand Israel construit l’aqueduc du lac de Tibériade qui prenait ses sources de 3 rivières basées en Syrie et au Liban. Ou encore en 1990 avec le grand projet anatolien : 22 barrages turcs qui ponctionnent la majeure partie des eaux du Tigre et de l’Euphrate au détriment des besoins de la Syrie et de l’Irak. Des centaines de conflits locaux en Afrique ou en Amérique Latine reflètent les enjeux liés au contrôle d’une eau douce qui se raréfie.

 

2. Le traitement de l’eau potable coute cher et menace notre santé

On a tous déjà vu le célèbre mème où un enfant sceptique s’indigne « Donc vous me dites que vous avez tellement d’eau potable que vous faîtes vos besoins dedans ?? » Dans les pays industrialisés, l’accès à l’eau potable se fait sans peine et les stations de traitement des eaux usagées ne manquent pas. Jusqu’en 2007, la France était le mauvais élève de l’Europe en la matière et contrainte par la pression, elle s’est désormais alignée sur ses voisins en matière d’environnement. Pour comprendre les risques et leurs répercussions économiques, il faut retracer le chemin de l’eau. En faisant la vaisselle, en se lavant les cheveux et en allant aux toilettes, des restes d’aliments, de produits chimiques, d’excréments mais aussi des matières plus résistantes comme des lingettes ou des protections féminines peuvent se retrouver dans les tuyaux. A ces eaux polluées, il faut ajouter les eaux industrielles et agricoles dont nous parlerons plus tard en suivant le flot de cet article. Ces gros déchets, s’ils ne bouchent pas les canalisations, sont éliminés en station grâce à des filtres, puis un procédé de coagulation-floculation-décantation permet de réunir les microparticules en flocons de matières qui seront ensuite écartées. L’eau sera de nouveau filtrée à travers du sable pour retenir les dernières particules. Une fois l’eau libérée de tous ces éléments, elle est ensuite désinfectée par une petite quantité d’ozone avant d’être éventuellement de nouveau filtrée avec travers du charbon actif pour enfin finir chlorée. Simple mais néanmoins très couteux. Ce circuit nécessite une infrastructure et un service de maintenance à la pointe pour éviter tout risque sanitaire majeur. Or, ces usines se comptent par centaines et ces infrastructures représentent des milliers de kilomètres de canalisations qui courent sous nos routes et nos habitations. Tout se paie : le prix de cette dépollution particulièrement intensive de l’eau se retrouve sur la facture de tous les utilisateurs. L’autre aspect d’un tel traitement est l’appauvrissement de l’eau en minéraux et l’utilisation répétée du chlore pour rendre l’eau potable. En effet, pour protéger l’eau lors des kilomètres parcourus pour atteindre votre robinet, une quantité infime de javel est versée avant chaque sortie de la station de traitement. Néanmoins, de nombreuses études étrangères ont montré des corrélations entre des cancers, notamment colorectaux, et la consommation d’eau chlorée, même en doses infimes. Si l’Etat français se veut rassurant, on n’oublie pas que l’Hexagone se voulait également serein concernant l’utilisation de l’amiante alors même que d’autres pays avaient condamné ce matériau depuis des décennies.

Par ailleurs, on sait que d’autres procédés moins irritants pour l’organisme – mais plus couteux – pourraient être mis en place. On retiendra tout de même que plus l’eau fait de circuit vers les usines de traitement des eaux, plus l’eau risque de s’appauvrir au profit de composants chimiques potentiellement dangereux et plus la facture grimpe.

 

3. Notre besoin d’eau pour assurer une consommation en hausse augmente drastiquement et économiser l’eau ne représente plus un effort considérable

La raison pour laquelle, nous nous sommes sentis obligés de nous épancher sur ce problème c’est que sans être un génie, on se rend vite compte que les ressources disponibles sur la planète restent les mêmes alors que la consommation explose, parallèlement à une démographie galopante et à une industrialisation des pays en voie de développement. Nos grands parents peuvent nous faire la leçon ; dans le monde nous consommerions aujourd’hui 7 fois plus d’eau potable qu’eux. L’industrie représenterait aujourd’hui 20% de l‘eau que nous consommons, ce qui reste raisonnable étant donné que l’élevage et l’agriculture représentent 70% de la consommation mondiale, subissant la main lourde de certains producteurs avec leurs pesticides et autres produits chimiques. Evidemment, ces chiffres varient grandement d’un pays à l’autre ; la Suède, par exemple, utilise 61% de son eau douce pour l’industrie.

Ces nouveaux besoins liés à la consommation baissaient les quantités d'eau douce disponibles à 6 800 m3 par habitant en 2004 contre 12 900 m3 par habitant en 1970. Or 14 ans plus tard, nous sommes 1 milliard de plus qu’en 2014 avec une démographie à 7,5 milliards en 2018. Pour info, en 1950, nous n'étions seulement que 2,5 milliards de terriens à se courir après. L’autre différence avec les années 1950 c’est qu’à l’ère d’internet, même le Papou perdu dans la jungle de nouvelle guinée veut son maillot de foot et son Smartphone. Sans compter sur la Chine et l’Inde dont les 2,5 milliards d’habitants voient avec plaisir l’essor d’une classe moyenne tout à fait capable de consommer autant qu’un américain.

Alors comment pouvons-nous faire pour partager nos ressources sans que la goutte d’eau ne fasse déborder le vase ? Pour un industriel et un agriculteur de nombreuses solutions existent : utiliser de l’eau non potable : eau de pluie, de rivière, recycler l’eau dès que cela est possible. C’est aussi cultiver des légumes et fruits de saison avec une meilleure gestion des ressources ou encore utiliser des procédés plus écologiques. Pour le consommateur, cela signifie consommer raisonnablement et encourager ces industriels ou agriculteurs qui ont fait le parti pris de travailler pour les générations futures. Cela peut être par l’utilisation de produits naturels le recyclage d’eau non potable, ou une diminution de sa consommation de viande rouge. Car selon le magazine Futura Science la production d’1kg de viande de boeuf consomme 13,500L d’eau et pour le magazine Science & Avenir les gaz émis par les bovins français émettent autant que 15 millions de voitures. Il ne tient qu’à nous d’encourager ces industries et agriculteurs à sauter le pas des solutions alternatives ou innovantes et à consommer différemment, parce que comme dirait le proverbe, tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse.

 

Le saviez-vous ? La quantité d’eau douce consommée pour produire l’énergie à travers le monde va doubler sur la période allant jusqu’en 2035. Selon les calculs de l’Agence internationale de l’énergie la consommation passera de 66 milliards de mètres cubes aujourd’hui à 135 milliards dans les prochaines décennies. De nombreuses entreprises cherchent des moyens énergétiques alternatifs. Inscrite dans la volonté de développer les initiatives énergétiques durables, la célèbre piscine de la Butte-aux-Cailles à Paris chauffe son bassin extérieur grâce au fonctionnement des serveurs de la start-up Stimergy, installés dans les sous-sols du bâtiment. Une chaudière innovante permet de convertir une partie de l’énergie en chaleur. Un principe similaire a été mis en place à la piscine Aspirant-Dunant dans le 14e qui utilise la chaleur des égouts pour chauffer une partie de son eau et réduire de moitié sa facture d’énergie

Le saviez-vous ? L’industrie textile consomme 4 milliards de tonnes d’eau par an pour teindre 30 milliards de kilos de tissus. Selon la Banque Mondiale, elle serait responsable à elle seule de 17 à 20% de la pollution de l’eau dans le monde. D’où l’obligation pour les industriels de recourir à de nouveaux procédés de fabrication plus durables, à l’image de la solution conçue par DyeCoo, une entreprise néerlandaise. Adoptée notamment par Nike et Adidas, sa technologie permet de teindre du polyester sans eau, additif chimique ni séchage. Le principe consiste à mettre sous pression et porter à la bonne température du dioxyde de carbone (CO2) pour qu’il devienne à la fois liquide et gazeux. Ainsi transformé, il fixe les couleurs sur le textile. Extrait de l'article publié par le Huffington Post Comment l'industrie textile réduit son impact sur l'eau

Le saviez-vous ? Les investissements dans l’industrie agrotechnologique ont augmenté de 29% en 2017 pour atteindre 10,1 milliards de dollars. Ces investissements viennent anticiper l’augmentation de la population et des besoins alimentaires alors que les ressources restent limitées. Par ailleurs, la faim progresse de nouveau dans le monde après une régression constante durant plus de dix ans, touchant 815 millions de personnes en 2016, soit 11% de la population mondiale, indique le rapport de l'ONU sur la sécurité alimentaire mondiale diffusé ce vendredi. L'augmentation de 38 millions de personnes concernées par la faim l'an passé est "en grande partie due à la prolifération des conflits violents et aux chocs climatiques", indique le rapport .

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