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Pollution et réchauffement climatique sont deux termes qui marquent de plus en plus notre quotidien. On nous demande de trier, les supermarchés élargissent leur gamme de bio, facebook fait circuler des vidéos d’océans dévastés par le plastique. On vous propose de faire le point sur ce fléau qui menace notre équilibre planétaire. Pour y voir clair, une bonne fois pour toute.

 

Respirer tue

Selon le Health Effect Institute basé à Boston, 95% de l’air de la planète contiendrait plus de particules fines que le seuil préconisé par l’Organisation Mondiale pour la santé. Les régions les plus irrespirables se situent logiquement autour de l’équateur où la chaleur emprisonne gaz et fumées. De nombreuses études citées par l’organisme estiment à 7 millions le nombre de décès par an directement imputables à la qualité de ce que nous respirons. Un chiffre en hausse constante bien que les émissions de certaines villes comme Londres ou Paris baissent depuis 10 ans grâce à des politiques publiques menées en matière de transport et d’énergie.

Même si la situation semble s’améliorer, en 2016, l’agence Santé Publique France annonce le nombre de 48,000 décès par an dans l’hexagone liés aux particules fines et classe la pollution comme 3ème facteur le plus mortel derrière le tabac et l’alcool.

De l’autre coté de la manche, le Cancer Research UK répertorie 3600 cas de cancers des poumons qui résultent chaque année de cette mauvaise qualité de l’air.  

Si les choses avancent, pourquoi les citoyens européens manifestent-ils de plus en plus d’irritabilité face aux lenteurs politiques en matière d’environnement ? Cela viendrait-il l’exposition prolongée aux particules ? Ou au fait que tout comme le nuage de Tchernobyl, notre ciel ne reconnaît pas les frontières terrestres ?

Les tensions sociales et politiques viennent peut-être du fait que selon l’OMS, 9 personnes sur 10 respirent mal et qu’en général, ce sont les pays à revenu élevé qui présentent les niveaux de pollution de l’air ambiant les plus faibles [] dans les villes des pays européens à revenu élevé, il a été prouvé que la pollution de l’air diminuait l’espérance de vie moyenne de 2 à 24 mois, en fonction des niveaux de pollution. Si les différentes COPs et leurs participants rechignent à prendre les mesures qui inverseraient enfin des tendances mondiales alarmantes, les citoyens sont bien décidés à agir. Les récentes manifestations en France (gilets jaunes) et les retours négatifs sur les performances de Theresa May et Angela Merkel trahissent cette noirceur générale. Maintenant, quelle serait la solution la plus facile à mettre en place pour contenir une population en rogne ? Mettre en place des régimes autoritaires comme c’est le cas en Chine, Russie, Arabie Saoudite ou comme il en prend la forme au Brésil, Philippines ou Hongrie ou alors de garantir un futur vert et prospère pas seulement pour les élites mais aussi pour le reste de la planète ?

 

L’air de rien et la facture grimpe

Notre santé n’est pas la seule chose de valeur affectée par la pollution. Ses méfaits coûtent cher et rongent notre pouvoir d’achat. En 2015, une commission d’enquête du Sénat a démontré que cette pollution génère un manque à gagner de plus de 100 milliards d’euros pour le pays. Ce chiffre est deux fois plus important que les pertes liées au tabac (47 milliards). Mort des prématurés, hospitalisations pour divers maux respiratoires mais aussi baisse des rendements agricoles, érosion des façades, le rapport fait état d’une situation alarmante et incite les pouvoirs publics à agir.  Sans compter sur la possible amende redevable à la commission européenne pour non respect des exigences en matière d’environnement. Pour éviter ce gaspillage d’argent, des mesures importantes ont été prises dans l’hexagone qui devraient avoir un réel impact sur notre quotidien d’ici à 2020. Une volonté qui vaut aujourd’hui à la France de se classer deuxième sur 180 pays en matière de potentiel environnemental (classement réalisé chaque année par l’Université de Yale - voir le 3e Le saviez-vous ? de cet article)

En attendant, si les français peuvent faire grise mine pour cette sinistre addition, le dossier réalisé par l’OCDE en 2015 estime à 3,2 billions de dollars les coûts de santé publique liés à la pollution de l’air dans le monde et estime que ce cout pourrait gonfler jusqu’à 25 billions d’ici 2060

Les études montrent que tous les pays sont concernés par cette hausse des coûts liés à aux émissions de particules mais l’Inde, la Chine et les régions du Moyen-Orient et du sud de l’Asie seront particulièrement touchés, avec les conséquences géopolitiques que cela peut entrainer.

 

La pollution ne fait pas rêver, revenons sur terre

Si le monoxyde de carbone, dioxyde de soufre et autres impuretés atmosphériques vous font baisser la tête d’impuissance, vous aurez peut être l’occasion de remarquer le deuxième problème qui prend le futur de l’homme en étau : les déchets. Pour rentrer directement dans le dur du sujet ; en 2015, le chiffre avancé par le Ministère de l’environnement et l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie) est de 324,5 millions de tonnes par an, ce qui ferait environ 5 tonnes par an et par français. Ce poids comprend les déchets industriels et ceux du bâtiment. Sans quoi, le bilan se dresserait « seulement » à 26 millions pour les ordures ménagères, classant le pays comme 7ème plus gros pollueurs selon  l’OCDE. Le rapport du ministère mentionne « comme les années précédentes, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni produisent près de 40 % des déchets de l’Union européenne à 28 ». Le podium des plus gros jeteurs revient aux Pays-Bas (7,9 tonnes/habitants), à l’Autriche (6,5 tonnes) et à la Belgique (5,9 tonnes). Des chiffres à remettre en perspective à la lumière des taux recyclés. Si le « zéro déchet » ou les emballages biodégradables représentent toujours la meilleure solution environnementale, il existe des millions de tonnes de plastiques dans la nature que le recyclage pourrait transformer pour un nouvel usage. En matière de récupération des déchets, la Belgique montre la voie. La France traine la patte avec 64 % de ses déchets recyclés mais améliore le stockage (mise en décharge) qui diminue à 29 % du total. L’incinération avec production d’énergie reste faible (4,4 % des quantités traitées) comparé au plat pays.

Une étude publiée par la banque mondiale estime que d’ici 2100, notre quotidien devra compiler avec 11 millions de tonnes de déchets ce qui représente 3 fois la quantité produite aujourd’hui.

Le rapport estime qu’entre 2010 et 2025, ces déchets vont augmenter de 70% si les entreprises et les consommateurs ne changent pas leurs habitudes. Ce bond s’explique en grande partie par une démographie galopante dans des pays qui s’industrialisent rapidement comme l’Inde et la Chine. Alors que cette sombre vision du futur impacte directement notre humeur, notre énergie et notre productivité, tout indique que les pays qui auront la plus grande capacité à relancer l’économie seront aussi ceux qui investiront massivement dans le principe d’économie circulaire et ses effets positifs sur la création d’emplois (voir notre article sur l’économie circulaire : l’art de transformer le vieux métal en or).

 

Sauve qui peut, tous à la mer

La pollution marine est sans doute le volet le plus médiatisé des dégâts causés par la consommation à outrance. En raison des nombreux courants qui traversent nos océans, impossible de cantonner nos déchets à une zone cachée des regards. Les gyres océaniques - ou tourbillons marins - entrainent la création d’îles d’ordures dont la plus populaire reste celle du pacifique nord avec une étendue équivalente à deux fois la taille du Texas.

L’immensité des mers rend par ailleurs difficile toute initiative visant à enrailler la propagation des produits chimiques et matières plastiques. Un bilan de l’UNESCO sur le sujet constate que la pollution tellurique (déchets d’origine terrestre) draguée par les habitations côtières et les fleuves représente 80% de la pollution marine à l’échelle mondiale. Ces chiffres permettent de conclure que si le transport maritime salit, il n’est pas le principal responsable. Le rapport établit aussi que l’apport excessif d’éléments nutritifs provenant du déversement des eaux usées et des écoulements agricoles sont à l’origine de nombreuses zones avec peu d’oxygènes (ou zones hypoxiques) appelées zones mortes, au sein desquelles la plupart de la vie marine ne peut pas survivre, entrainant l’effondrement de certains écosystèmes. Il y a maintenant près de 500 zones mortes, recouvrant plus de 245 000 km2 dans le monde entier, soit la surface du Royaume-Uni.

Si vous aviez déjà vu des plongeurs se baigner au milieu d’un parc aquatique de plastiques en tout genre, dites-vous que ce principe fait la règle. En effet, toujours selon l’UNESCO, le Programme des Nations-Unis pour l’Environnement estimait en 2006 que chaque Mile carré (2,5km2) de l’océan contenait 46 000 morceaux de plastique flottant en surface.

L’UNEP (ONU Environnement) constate qu’en 2010, 3,2 millions de tonnes les déchets plastiques qui nageraient au gré des courants. Avec le développement des pays émergents, ils estiment qu’en 2025, les océans devraient absorber entre 100 et 250 millions de tonnes de plastiques mal gérés.

Dans un article de Science et Avenir intitulé En 2050, il y aura plus de plastique que de poisson dans les océans, le journaliste cite les travaux de recherche de la fondation Ellen MacArthur publiés lors du forum économique mondial de Davos. En se basant sur ces travaux, l’article dresse un bilan consternant. Sur les 78 millions de tonnes de sacs plastique fabriquées chaque année, seules 14 % sont recyclées. Des chiffres incroyablement bas si on les compare à d'autres filières telles que l'acier ou le verre qui recyclent 70 à 90 % des matériaux. Pour le reste, 14 autres pourcents de ce volume de plastique d'emballage sont traités en incinération, et tout le reste est soit enfoui (40 %) soit jeté dans la nature (32 %). Le rapport précise que ces "fuites" de plastique vers l'océan se produisent principalement (80 %) depuis l'Asie. Pourtant, le problème lié à l’usage du plastique a été identifié depuis plus de 20 ans. Un bon nombre d’objets en plastique seraient toxiques en raison de la présence de bromure, un composé chimique ajouté dans le but de retarder la combustion en cas de court circuit. Ce plastique bromé est largement utilisé dans nos produits électroménagers et électroniques quotidiens. Le tri entre les plastiques « classiques » et les plastiques bromés s’avère particulièrement difficile et ces derniers pourraient se retrouver dans des objets mis à la bouche par les enfants ou encore dans nos emballages alimentaires. Si le tri entre les différents types de plastique s’améliore, il reste le problème de base : le plastique ne peut pas être recyclé à l’infini : il peut être recyclé une fois ou deux, dans le meilleur des cas, avant de perdre des propriétés comme la souplesse et la résistance. Par conséquent, les bouteilles en plastique recyclé ne pourront jamais être composées de plus de 50% de matière récupérée, l’autre moitié devant être produite à partir d’éléments chimiques de base, rajoutant des tonnes de millions de plastique à ceux qui existent déjà. Heureusement, en mai 2018, des chercheurs de l’Université du Colorado ont découvert un nouveau procédé chimique pour créer un plastique recyclable à l’infini. Le plus gros problème étant maintenant de convaincre les industriels d’adopter rapidement ces nouveaux matériaux, et qui sait, aller encore plus loin en réintroduisant le principe des consignes.

Parce que les patrons d’usines devront rapidement comprendre qu’un climat de mécontentement, de santé menacée et d’augmentation des taxes pour gérer les montagnes d’ordures aura simplement pour conséquence le ralentissement de la consommation. Les répercussions de la pollution ne se mesurent pas seulement sur notre bien-être ou la beauté des paysages, elles touchent avant tout le portefeuille. Entre la dégradation des bâtiments nautiques, le nettoyage des plages, le manque à gagner des zones balnéaires et le manque à gagner des activités de pêche, l’UNEP publie qu’à l’heure actuelle, les déchets marins génèrent un cout d’environ 8 milliards par an. Mais qu’en sera-t-il dans 10 ans ?  

 

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme

Lavoisier serait stupéfait de réaliser que deux siècles plus tard, ce constat signifie que la pollution omniprésente autour se retrouve aussi dans sa nourriture. En enfouissant nos déchets ou en les brulant, ils nous reviennent d’une façon ou d’une autre. Un rapport du Sénat datant de 2018 dénonce la présence de métaux lourds dans les déchets : Les métaux lourds, éléments naturels se retrouvent dans tous les compartiments des déchets : les papiers, les plastiques, les putrescibles (les poissons), et surtout les « éléments fins».

Or, plusieurs études publiées dans le US National Library of Medicine montrent une présence accrue de métaux lourds dans nos aliments depuis 1950 et leurs conséquences dramatiques sur notre métabolisme. Ils seraient impliqués dans de nombreux cas de pathologie sévères, maladies neurodégénératives, cancers et autres malformations du fœtus mais aussi dans notre vie quotidienne avec des états de fatigue, des douleurs articulaires, maux de ventre et de tête.   

Dernièrement, ce sont des chercheurs autrichiens qui ont relevé des résidus de plastique dans les selles d’individus européens et asiatiques. Une réponse scientifique probante dans la mesure où sur les 8 testés, 8 étaient positifs, notamment au polypropylène et polyéthylène, principaux composants des emballages plastiques.

Qui pourrait blâmer les populations éduquées de ne pas remettre en question les décideurs publics et privés qui semblent soutenir un modèle économique désormais établi comme dangereux et se montrent si hésitants lorsqu’il s’agit de prendre de véritables mesures pour le bien de tous ? 

Avant que l’ordre mondial ne change réellement, il est pourtant crucial que chacun fasse un effort. La solution pour manger mieux commence aussi en mettant le nez dans nos poubelles. Par manque d’information publique, on trie mal. Or, quand il y a le moindre doute sur le contenu d’une poubelle à tri c’est l’ensemble de la benne qui part à l’incinérateur et ce sont les efforts de vos voisins que vous risquez de retrouver dans vos assiettes.  

Chaque région et pays a ses contraintes spécifiques en matières de recyclage. Il est aussi important de soutenir les industries qui encouragent le zéro déchet ou les solutions biodégradables.

Depuis quelques années, l’économie circulaire et ses principes d’achats raisonnés ont fait leur apparition pour trouver des solutions à ce mal endémique. Le désir d’affirmer un modèle culturel fort et une indépendance énergétique a poussé les pays à investir dans les énergies renouvelables et la gestion de leurs déchets. Aujourd’hui plus qu’avant, il est impératif que les pouvoirs en place accélèrent ces séries de mesures environnementales pour éviter la généralisation des mouvements contestataires dénonçant un recul de la qualité de vie qui ne bénéficie qu’à une infime minorité.

 

Le saviez-vous ? Il est très économique pour les sociétés de se fournir en matériaux recyclés. Selon le Journal de l’environnement qui cite les recherches d’universitaires chinois et australiens, la récupération des matériaux couterait en moyenne 13 fois moins cher que le procédé original d’extraction et de transformation. L’or composant les déchets électroniques serait l’exemple le plus probant avec 1.286 euros le kilogramme pour du recyclé en 2015 contre 30.708 €/kg pour l’extraction, soit 24 fois moins cher, note l’article. Une véritable manne quand l’on sait que l’extraction devient de plus en plus onéreuse à mesure que les ressources naturelles s’épuisent. Tandis que les prix du recyclé baissent autant que les déchets augmentent. Les industriels n’ont plus d’excuse pour ne pas afficher fièrement l’utilisation de matériaux de seconde main.

 

Le saviez-vous ? Ce qui conduirait immanquablement au « zéro décharge », à défaut du « zéro déchet », c’est bien la taxation. Or tant que le coût de la mise en décharge, à la tonne, sera plus faible que celui de l’incinération ou du recyclage, ce dispositif restera une solution économique malgré tous les efforts déployés pour la bannir. Ces dernières années, la Grande-Bretagne, la Suède, les Pays-Bas, l’Autriche et la Belgique (la Wallonie) ont été motrices en ce domaine. Quand la France rejoindra-t-elle le mouvement ? Extrait de The Conversation.

 

Le saviez-vous ? La France est classée 2e des pays avec le plus fort potentiel écologique selon l’EPI (Environmental Performance Index), une étude annuelle réalisée par l’Université de Yale aux Etats-Unis sur 180 pays. L’étude prend plusieurs critères en compte comme la qualité de l’air, de la terre et des eaux mais aussi la capacité et la volonté des pouvoirs publics à investir dans de nouvelles technologies vertes ou celle de sa population et communauté d’affaires à agir pour l’environnement. Un bond considérable en deux ans puisqu’en 2016, la France se classait 10e derrière un podium de pays nordiques. Le champion 2018 reste la Suisse qui emporte la première place bien que classé 16e en 2016. Les Etats-Unis de Trump régressent et passent de la 26e place (2016) à la 27e en 2018.

 

 

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