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La consommation galopante depuis les années 80 et l’industrialisation des pays émergents ont mis au jour le revers de notre développement économique : la transformation de nos  ressources en rebuts. Depuis 20 ans, l’idée de valoriser ces restes en matières précieuses fait son chemin.

Les premiers à se pencher sur la question d’une pollution monstrueuse et à alerter le Président Bush de ses conséquences dramatiques sur la santé sont Michael Braungart, chimiste allemand et William McDonough, architecte et designer américain. Témoins de leur époque, ils écrivent au début des années 2000 Cradle to Cradle ou C2C (Du Berceau au Berceau en français) qui prend en compte les réalités sociales et environnementales. Ils relèvent l’exploitation exponentielle des ressources pour la production et le besoin de trouver une seconde vie à ces objets périssables. Ils introduisent notamment l’éco-conception et l’idée que le produit doit être pensé et manufacturé dans le respect de l’environnement et dans le but de pouvoir le réutiliser plus facilement par la suite. Ce principe éthique découle du constat que la RSE avait fait précédemment : si j’épuise mes ressources, je me retrouve sans rien à produire (voir notre article sur la RSE). Les deux théoriciens vont plus loin en pointant du doigt que l’épuisement des ressources signifie également l’empoisonnement des générations futures.

Ce concept arrive en France 10 ans plus tard. Depuis lors, le gouvernement français cherche à combiner cadre législatif et avantages fiscaux, ingrédients indispensables pour que les entreprises adoptent enfin la recette miracle.

 

Se heurter au mur ou bâtir un nouveau monde

Depuis la révolution industrielle du XIXe siècle, la production prévoit l’extraction des matières premières, leur acheminement vers les usines, leur transformation, leur conditionnement, et enfin la répartition dans les points de vente. Une fois l’objet utilisé, il finit à la benne.

Cependant, la grande récession des années 80 pousse les pays à adopter les principes du néolibéralisme. Exit l’Etat-providence ;  l’Etat doit se désengager de l’économie et les marchés s’autoréguler avec le principe de l’offre et de la demande. Pour dynamiser tous les secteurs de l’économie, on pousse à la consommation ; marketing et emballages affriolants, multitudes de services et produits qui viennent faciliter notre quotidien, nouvelles technologies, nouvelles modes. En moins de 20 ans, le système montre ses premières failles avec la digitalisation et les technologies rendues obsolètes en quelques années. Industries et sociétés de service prennent un rythme effréné… En même temps que la démographie en hausse et l’accessibilité des pays offrent de nouveaux marchés, les métiers manuels disparaissent. Les machines, qui n’ont ni besoin de repos ni d’augmentation salariale pour vivre, remportent les jobs et permettre des prix toujours plus compétitifs. Plus rien ne peut perturber les rouages d’une économie au service du consommateur. Rien ? Si, l’irréductible pollution qui résiste encore et toujours à notre désir de ne pas la voir.

La conjoncture des années 2000 génère de moins en moins d’emplois et l’environnement présente des risques pour la santé, toutes classes sociales confondues. L’importance de trouver un remède à cette endémie devient vital.

 

Une solution inédite ; réutiliser ce qui existe déjà

Si les deux théoriciens ne se sont pas faits jeter en présentant leurs arguments, c’est qu’ils ont réussi à recycler le principe de consommation : fervents défenseurs de la croissance économique, ils proposent des initiatives commerciales viables. Ensuite, leurs solutions permettent aux industriels de réduire leurs coûts de production. Comme vu dans notre précédent article La pollution en quelques maux et chiffres, l’utilisation des matières premières permet d’économiser en moyenne 13 fois le prix de la ressource extraite. La pose de panneaux solaires de plus en plus abordables se ressent sur les factures énergétiques à mesure que les pays augmentent leurs taxes sur les émissions de gaz. Les concepts de villes vertes séduisent particulièrement les municipalités qui y voient le moyen de réduire leurs dépenses tout en offrant un cadre de vie agréable à leurs citoyens.

Outre le bénéfice indiscutable sur l’environnement, l’autre coup de génie de l’économie circulaire à plus grande échelle est de recréer les emplois supprimés par l’automatisation des chaines de production. Le célèbre cabinet de conseil économique McKinsey publiait en décembre 2017 un rapport détaillé sur l’impact des machines sur nos vies.

En suivant la tendance actuelle, 400 à 800 millions de jobs à travers le monde seraient supprimés d’ici 2030 et qu’au moins 375 millions de personnes seraient concernées par la reconversion professionnelle. En France, la feuille de route publiée en avril 2018 sur l’écologie prévoit de créer 500 000 emplois supplémentaires dans des métiers nouveaux. Le gouvernement y mentionne également sa volonté de recycler 100% des plastiques d’ici à 2025 et de réduire de 30% la consommation des ressources avant 2030.

 

Un modèle économique qui circule dans tous les secteurs

En bons champions du recyclage, les belges ont l’occasion de défendre leurs projets chaque année au Belfius Smart Belgium Awards 2018. Le site associé met en avant six initiatives inspirantes qui résument la portée du principe de l’économie circulaire.

Ils présentent notamment l’entreprise Comet treatment qui investit 1,1 millions d’euros dans un procédé permettant de recycler les veilles carcasses de voiture en essence et diesel. Mais l’économie circulaire peut aussi prendre la forme d’une initiative de voisinage avec le site d’échange «Op Wielekes» qui vous encourage à donner le vélo trop petit de votre enfant en échange d’un nouveau modèle recyclé à sa taille.

Aussi, depuis quelques années, vous avez certainement vu des bennes à vêtements fleurir à tous les coins de rue. Ces poubelles à tri spécialisées vous permettent de donner une deuxième vie aux vêtements et textiles que vous n’arriveriez pas à revendre sur les sites d’occasion. L’article de l’Express de mai 2017 résume l’importance du geste : en France, selon Eco TLC, 600.000 tonnes de vêtements sont chaque année mis sur le marché français. Recycler ses vêtements, c'est donc contribuer à réduire la quantité de déchets qui résultent de cette consommation. Cela permet également de préserver les réserves naturelles et de limiter la pollution. Par ailleurs, recycler crée de l'emploi, la filière nécessitant des moyens conséquents pour la collecte puis pour les centres de tri et de recyclage. Ces emplois sont en majorité générés en France. Plus de recyclage, c'est plus d'embauches! Ces vieux vêtements finiront peut-être par composer l’isolement de vos soupentes, une version bien plus écologique et efficace que la traditionnelle en laine de verre.

L’économie circulaire, c’est aussi l’éco-conception et l’idée que le produit doit être pensé de façon écologique dès la création. Avec cette tendance à mieux connaître les procédés de fabrication et la composition des machines et articles, l’industrie voit aussi l’opportunité de repenser la manufacture et la logistique avec des économies significatives à la clé. En réutilisant une partie de son plastique pour produire de nouvelles pièces ou de l’énergie par exemple. Certains plastiques sont recyclables à l’infini et depuis peu servent à la production de fuel, tandis que l’Australie annonçait cet été son projet de créer une usine entièrement alimentée par du plastique pouvant brûler 250,000 tonnes de matière pour économiser 100,000 tonnes de charbon, soit l ‘équivalent de 20,000 voitures en émissions de gaz à effets de serre.

« De l’obscurité nait la lumière » dit l’adage. Une phrase particulièrement vraie lorsque l’économie circulaire s’illustre avant tout comme la suprématie de l’Homme sur les machines avec notre capacité à imaginer, créer, réinventer le monde dans lequel nous vivons. Une déclaration toujours d’actualité à l’heure où nous sommes capables de produire autant d’ordures pour en faire germer de nobles valeurs comme le partage et le respect.

 

Le saviez-vous ? Les français sont les pionniers en terme lutte contre le gâchis alimentaire. Le site du ministère de l’écologie rapporte : En France, les pertes et gaspillages alimentaires représentent 10 millions de tonnes de produits par an, soit une valeur commerciale estimée à 16 milliards d’euros. Les mesures de lutte se traduisent notamment par l’obligation pour les supermarchés de plus de 400m2 de signer une convention avec une association. Ce dispositif qui serait bientôt applicable à la restauration collective a permis à une grande enseigne de sauve[r] de la poubelle près de 350 tonnes de produits alimentaires, soit l’équivalent de plus de 700 000 repas redistribués, toujours dans une logique de circuits courts et de proximité. [] au lieu de payer pour détruire (coûts de collecte, location de bennes, taxe de mise en décharge, incinération ou enfouissement), le magasin économise ces dépenses et bénéficie par ailleurs d’une réduction d’impôt égale à 60% de la valeur des produits au titre du don en nature effectué à une œuvre d’intérêt général, souligne Jean Moreau, co-fondateur de l’entreprise de conseil Phoenix dans un article publié sur Convergences à l’occasion de la journée contre le gaspillage alimentaire.

 

Le saviez-vous ? La France est également pionnière en matière de lutte contre l’obsolescence programmée. Ainsi, la BBC relate l’enquête que l’hexagone entend mener contre Apple dans le cadre de la loi qui condamne les procédés mis en oeuvre par des sociétés de vente et de fabrication de produits en vue de réduire la durée de vie de ces derniers et, par conséquent, d'augmenter leur taux de remplacement. Apple ayant admis un tel dispositif dans le but de vendre son nouvel Iphone 8, la société s’est vu contrainte à proposer une solution à ses utilisateurs en changeant la batterie (objet de l’obsolescence) gratuitement ou à un tarif très réduit. Face à des entreprises peu scrupuleuses, les entreprises françaises prennent le contrepied. C’est le cas du groupe Seb, qui remet au cœur de sa stratégie une garantie de 10 ans que ses produits avec des possibilités de réparation primant sur le replacement.

C’est le cas aussi de Michelin qui lance le concept Vision dont le principe est d’offrir un pneu increvable, imprimé en 3D et dont la bande de roulement peut être réparée ou modifiée à volonté.

 

Le saviez-vous ? En matière de recyclage, c’est pourtant notre voisin allemand qui remportait la palme en 2017, selon le World Economic Forum. L’article fait état d’une étude réalisée par Eunomia sur les ordures ménagères et leur réutilisation, hors combustion dans le but de produire de l’énergie. En écartant aussi le recyclage des déchets produits par les industries et le bâtiment, c’est donc l’Allemagne qui montre l’exemple avec 56,1% des poubelles municipales réellement triées et recyclées pour un nouvel emploi. Le texte annonce aussi la volonté de la Chine d’arrêter de racheter le plastique recyclé en provenance d’Europe ou des Etats-Unis –  ces derniers recyclant seulement 9% de leur consommation. La Chine qui récupérait auparavant 45% du plastique mondial oblige désormais les pays de l’Ouest à gérer leurs propres résidus dont le poids pourrait s’élever à 111 millions de tonnes d’ici 2030, selon National Geographic.

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